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 Un lit pour la nuit [Lulla]

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Fausto Dantes
Te Deum pour un massacre


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MessageSujet: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 28 Nov - 14:59

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Même en marchant d'un pas tranquille, Miss Black et le prêtre arrivèrent bien rapidement en vue de l'Eglise. La bâtisse, sans être énorme, en imposait quand même pas mal. Un réconfort pour tous ceux qui craignait les démons qui se baladaient dans cette ville. Même si Faust' savait parfaitement que ce n'était pas les murs en pierre et les crucifix qui empêchaient ces êtres maléfiques d'entrer dans la maison du Seigneur... il le savait, parce qu'il l'avait vu de ses propres yeux.

D'ailleurs, il s'étonnait presque de ne pas ressentir la présence écrasante de son ennemi juré dans les parages. Après tout, il était accompagné par une femme et donc, de par ce fait, une tentation. Mais il n'allait pas s'en plaindre, loin de là. S'il pouvait se permettre d'avoir un échange des plus simples avec elle, ça lui irait parfaitement.

Dantes ne se dirigea pourtant pas vers les portes de l'église, mais tourna sur la gauche, pour se rendre vers une maison à deux étages, qui ne payait pas de mine, le presbytère. Il fallait bien loger les hommes quelque part, la maison du curé se trouvait toujours non loin de son église, une facilité pour l'homme de foi afin de se rendre rapidement à son travail.


- Nous sommes arrivés.

Il posa les bagages sur le sol et ouvrit la porte de la maison, laissant entrer la jeune femme en premier. Le hall était plutôt sobre, un simple tapis était posé sur le sol en bois, une commode se trouvait non loin de là et chose frappante, il ne semblait pas y avoir de clé nul part. D'ailleurs, Fausto n'en avait pas utilisé pour ouvrir la porte. Il fallait qu'elle reste toujours ouverte pour ceux qui en auraient besoin. C'était bien le propre de leur enseignement, même s'il n'était pas bon de laisser entrer n'importe qui chez soi, en ces temps de trouble. L'inquisiteur estimait qu'il ne fallait pas se laisser impressionner et que de continuer à faire ce qu'ils avaient toujours fait, montrait à la population qu'ils ne les abandonnaient pas.

- Entrez seulement.

Son collègue ne semblait pas être là et il attrapa à nouveau les valises de la jeune femme, pour la conduire bien rapidement dans une chambre, sobre elle aussi, seul un crucifix était accroché au mur, juste au-dessus de la porte. Il laissa les sacs sur le sol et se tourna vers son invitée.

- Vous souhaitez peut-être manger quelque chose avant de dormir? Ou autre chose peut-être?

Autant jouer à l'hôte jusqu'au bout, non?

Son côté enquêteur était, quand à lui, impatient de pouvoir lui poser des questions un peu plus personnelles. Notamment de savoir d'où elle pouvait bien venir. Elle lui avait dit qu'elle avait fait un long voyage, il était intéressé de savoir depuis combien de temps elle était sur les routes. Et s'il apprenait son point de départ, il pourrait estimer le temps du voyage.

Ce n'était pourtant pas le moment, et il préférait qu'elle se repose correctement, avant de tenter une approche à ce niveau. Chaque chose en son temps, Fausto le savait. Il rongerait donc son frein jusqu'au matin. Ce n'était pas si long à attendre.
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Lulla Black



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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 28 Nov - 17:13

Musique


    Lulla ne pouvait pas nier que le prêtre à qui elle faisait face avait tout de rassurant. Ce n’était pas lui qu’elle craignait de la sorte – mais bien elle et ses démons. Le Père Dantes en était si rassurant que cela pouvait être agaçant pour l’anglaise qui tentait de peser le pour et le contre de cette situation. Elle allait saisir l’invitation de l’ecclésiaste, mais ne comptait pas s’attarder dans ce lieu sacré, même si cela lui permettrait peut-être de vaincre sa peur.

    Elle jeta un regard en coin à son hôte qui la conduisait d’un pas serein vers la grande église qui trônait au milieu d’une place pavée. Elle était belle… L’architecture de tels bâtiments l’avait toujours laissé rêveuse jusqu’à ce que cette angoisse des lieux saints la saisisse. Le pas de Lulla était plus hésitant que celui de son guide et ses grands yeux s’étaient posés sur la bâtisse avec fascination, comme s’il s’en dégageait une force mystérieuse. Elle déglutit difficilement et pressa le pas pour rejoindre Fausto Dantes qui la menait au presbytère. C’était plutôt grand et cela avait son charme – s’il n’y avait pas tous ces crucifix, ça aurait paru bien plus beau aux yeux de la brune.

    Alors qu’ils étaient sur le perron, l’homme ouvrit la porte et lui fit signe de rentrer.

    Porte non verrouillée ? Les hommes de foi sont-ils si sûrs de leur Dieu pour ne pas être prudents ? Se dit-elle en suivant son hôte vers la chambre d’ami.

    Le parquet grinçait légèrement et Lulla balaya du regard le long couloir où photographies, crucifix et tableaux agrémentaient le mur. Elle pénétra dans la petite pièce où siégeait un lit et ses yeux se figèrent sur la croix qui était suspendu sur le pan du mur.

    A quoi t’attendais-tu ? C’est plutôt être inculte que d’imaginer qu’il n’y aurait pas de crucifix dans toutes les pièces d’un presbytère. Pensa-t-elle en avançant un peu dans la pièce.

    Elle se tourna vers son interlocuteur et lui adressa un sourire gratifiant.

    « Je vous remercie mais je n’ai pas faim. La seule chose que je sois capable de faire, c’est de m’allonger sur ce lit et de m’abandonner dans les bras de Morphée. » Lui déclara-t-elle en s’asseyant sur le lit et en retirant sa capuche.

    Cela sentait un peu le renfermé. Il ne devait pas y avoir eu d’invité depuis quelques temps. La jeune femme ramena ses cheveux en arrière et plongea ses yeux dans ceux de son hôte qui se tenait dans l’encadrement de la porte. Elle voyait bien que des questions lui brûlaient les lèvres à son sujet. En général, les étrangers ravivaient la curiosité dans des villages de ce genre. Ce prêtre était ici depuis peu – ce qui était assez étonnant en fin de compte. En général, ils restaient dans la même ville durant toute leur vie.

    « Alors, je vous verrais demain matin mon Père. » Ajouta-t-elle en souriant. « Bonne nuit. »

    Elle lui était très reconnaissante qu’il l’héberge pour la nuit. Elle évitait ainsi des problèmes qu’elle aurait pu connaître en se rendant dans une auberge douteuse – ce dont elle n’avait vraiment pas besoin en ce moment.

    Après que le prêtre eut quitté la pièce, Lulla se leva et ôta sa pèlerine qu’elle laissa tomber sur le lit. Un petit soupir franchit ses lèvres pour se perdre dans le silence environnant. Déboutonnant les quelques boutons de sa tunique de voyage, l’anglaise se rendit prés de la fenêtre et jeta un regard en biais à l’église plongée dans le noir sur le côté du bâtiment. Dans un geste rapide, elle ouvrit la fenêtre pour refermer les deux volets de bois. Une légère brisa pénétra dans la pièce lui arrachant un frisson et elle se hâta de refermer la fenêtre pour se rendre prés de la commode où elle y déposa quelques affaires. Se libérant du corset qui la compressait, elle revêtit une chemise de nuit en coton simple qui lui tenait par deux fines bretelles. Elle s’attarda sur le miroir qui lui fit constater ses traits tirés et son teint pâle puis elle se glissa dans les draps frais, s’étendant de tout son long soupirant de bonheur d’avoir enfin droit à un lit. Quelques pensées traversèrent son esprit une fois la lumière éteinte, mais elle ne mit pas longtemps à s’abandonner aux ténèbres de son inconscient.

    Les cris. Les cris de Carolyn. C’est dans l’immense sale aux poutres imposante où de nombreux lits étaient placés les uns à côté des autres qu’elle parut se réveiller ; la chambre du Couvent où elle et les autres Sœurs se couchaient chaque soir.

    Non !

    Lulla se redressa vivement et bondit du lit pour courir en direction des cris. Toutes les autres s’étaient levées aussi, effrayées par ce qu’elles venaient d’entendre. Elles n’avaient pas accès à d’autres pièces que les sanitaires et la chambre – la Mère Supérieure prenait grand soin à fermer la porte chaque soir avant d’aller se coucher – les entreposant ainsi comme de vulgaires poules dans le poulailler. Elle bouscula deux ou trois filles qui lui bloquaient le passage et apparut dans l’encadrement de la porte des sanitaires. Carolyn se tenait là et s’était mise les mains devant le bouche pour cesser d’hurler. Dans la salle, accroché à une poutre par le tissu d’un drap, pendait mollement un corps. Le corps d’une fille.

    Lulla se précipita pour soutenir les jambes de la pendue pour la remonter comme elle pouvait. Elle identifia bien vite le corps de celle qui s’était donnée le suicide ; Marina.

    « Aidez-moi bon sang ! » Rugit-elle à l’attention de ses sœurs qui étaient interloquées au pas de la porte.

    Elles se mirent à plusieurs pour décrocher Marina de la poutre, mais c’est un corps froid et sans vie qu’elles posèrent à terre. Lulla était interdite.
    La Mère Supérieure ne mit que quelques minutes à venir, accompagnées de ses deux mégères. Elle leur jeta un regard froid et se contenta de faire un signe de tête aux deux autres qui s’empressèrent de prendre le corps pour le sortir de la pièce. La belle anglaise jeta un regard noir à la Mère Supérieure qui leur intimait de regagner leur lit. Toute la colère accumulée au cours de ses années se concentra dans son corps raidi et elle se leva d’un bond et gifla sa supérieure avec une force magistrale.

    « Vous comptez toutes nous tuer ! » Rugit-t-elle. « J’espère que vous crèverez ! Et cela n’en serait que plus beau si c’était de ma main ! »

    Elle paya pour ça. Elle fut conduite dans le bureau, subit vingt coups de baguette et fut enfermée dans la chambre d’isolement durant plus d’une semaine.

    « Réfléchissez-y deux fois avant de me menacer de mort Sœur Bridget. » Lui avait-elle lancée après la peine écopée.

    Elle était tellement furieuse, tellement désemparée.

    Lulla ouvrit les yeux. Elle se trouvait dans un salon – la respiration haletante et le corps crispé. Perdue, elle ne savait plus où elle était. Bon nombre de crucifix gisaient à terre, éparpillés dans la pièce et des objets avaient volé un peu partout.

    « Non ! Non ! » Cria-t-elle en repoussant du pied une croix qui était prés d’elle.

    Elle était recroquevillée dans un coin de la pièce, les mains sur les tempes. Elle n’avait pas l’air de se rappeler qu’elle était chez ce prêtre serviable qui lui avait proposé de l’héberger pour la nuit.

    « Je vous tuerais… »

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Fausto Dantes
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Mer 2 Déc - 23:30

La jeune femme se dirigea directement vers le lit pour s'y installée, d'autres esprits un peu mal tourné auraient pu croire à une invitation des plus explicites, mais non. Fausto laissa faire, tout en continuant de l'observer, rien de bien appuyé, mais il étudiait ses traits, tout en cherchant toujours à trouver d'où elle pouvait venir. Elle lui fit d'ailleurs bien comprendre que la seule chose qui l'intéressait à l'instant était de pouvoir rejoindre Morphée. Il lui fit un petit sourire compatissant, tout en hochant légèrement de la tête.

- Je n'y vois aucun inconvénient et je comprends parfaitement. Je ne vais pas vous déranger plus.


Etant déjà dans le cadre de la porte, il posa une main sur la poignée de celle-ci, prêt à la fermer, afin de laisser Black tranquille, qu'elle prenne ses marques et trouve le sommeil le plus rapidement possible. Il ne doutait pas non plus, que vu sa tête, elle risquait bien de fermer les yeux avant même que sa tête ne touche l'oreiller. Il connaissait cet état de fatigue après un long voyage, il l'avait assurément vécu souvent. A voyager à travers l'Italie pour le compte du Vatican, ça permettait au moins de voir du pays. Mais plus le temps passait et plus l'homme d'Eglise se rendait compte combien ces longs périples lui coutaient. Il se faisait vieux...

- Je le pense, Mademoiselle Black. Reposez-vous bien, bonne nuit.

Dantes ferma la porte dans son mouvement de quitter la pièce. Laissant la jeune femme seule et retournant dans sa propre chambre. Il se devait de prévenir son confrère qu'ils avaient une invitée chez lui. Il ne devrait plus tarder à rentrer d'ailleurs, en attendant, il fit un arrêt par la cuisine, pour se préparer un thé. Il préférait le café en général, mais avant de dormir, ce n'était pas conseiller. Ca lui faisait passer des nuits agitées, déjà qu'en général elles pouvaient être pénibles, autant ne pas en mettre une couche en plus.

Le Père Gabriel était rentré alors que Faust' terminait son infusion, les deux ecclésiastes s'étaient alors assis à la table de l'endroit, tandis que l'Inquisiteur servait deux thés, il put le mettre au courant de l'arrivée de Lulla - jeune femme croisée dans la rue, ayant manqué de passer un mauvais moment, arrivée très récente dans la ville - au presbytère. Ce qui ne sembla pas étonné plus que cela le vieux prêtre, après tout, comme l'avait déjà fait remarquer l'exorciste, ils étaient là pour accueillir les nécessiteux et le curé se targua d'être heureux d'avoir eu droit à l'aide d'un confrère tel que le florentin. Modeste, il le remercia d'un simple sourire, tout en lui rappelant qu'il ne faisait que ce travail et que ça ne méritait pas autant de louange que cela.

Puis les deux hommes continuèrent leur discussion sur des choses un peu plus légères, avant de prendre congé l'un de l'autre et de se rendre pour de bon vers leurs chambres respectives. Voilà bien un moment que n'appréciait guère notre ami, il savait qu'il se rendait vulnérable la nuit à la faveur de son ennemi juré. Mais il était humain, avec ses besoins, et le sommeil était une nécessité qu'il ne pouvait, malheureusement pour lui, pas occulter.

Le prêtre aurait donc pu remercier Dieu de ce qui avait suivit, puisque des bruits impressionnants l'empêchèrent très rapidement de trouver le sommeil réparateur dont il avait besoin. D'un bond, il avait mis pied à terre et s'était rendu sans attendre du côté des bruits qu'il avait entendu. Son collègue l'attendait sur le palier du salon, inquiet. Faust' passa la tête dans l'encadrure, pour voir la jeune femme recroquevillée sur elle-même, entourée d'un foutoir sans nom, qui avait, sans doute, était fait par elle.

Haussant un sourcil, il fit un geste dans la direction de son homologue pour qu'il reste où il était et l'Inquisiteur s'approcha au plus près de Black, que lui était-il arrivé? Avait-elle droit à des rêves aussi intéressants que les siens? Il s'abaissa à la hauteur de la femme.


- Signora Black? Que vous arrive-t-il? Fit-il d'une voix posée et douce.

Fausto gardait une certaine distance, pour ne pas manquer de se prendre un coup. Une main pourtant téméraire alla se poser doucement sur l'un des bras de son interlocutrice, peut-être que cela la ferait sortir de sa torpeur, surtout qu'il n'avait pas manqué les deniers mots prononcés par la miss.
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Jeu 3 Déc - 0:51

    Une silhouette s’avançait dans la lumière de la pièce dans laquelle elle se trouvait et Lulla rabattit son bras devant son visage, aveuglée par cette soudaine lueur. Elle voguait dans le flou ; dans les vagues de son inconscient tourmenté et de son passé trouble. Elle entendit une voix lointaine mais celle-ci se perdit au loin et un bruit violent lui parvint aux oreilles – enfin plutôt à l’esprit.

    Un, deux, trois, quatre… Les coups de baguette donnés avec fermeté guidée par la voix monocorde et froide de la Mère Supérieure.

    Lulla fut secouée d’un violent spasme alors qu’elle repoussait la main du prêtre et se redressait brutalement, les doigts dans ses cheveux emmêlés.

    « Vous n’avez pas le droit ! » Rugit-elle alors que ses poings se serraient prés de son visage blême. « Vous n’avez pas le droit de commettre des crimes au nom de la religion ! »

    Elle était comme une lionne en cage. Ses paupières closes s’étaient figés dans une expression de désarroi le plus total. Elle se dirigea vers le pan du mur voisin et y posa les mains avant d’y coller son front.

    « Où est donc Dieu pour laisser faire de telles choses ? » Murmura-t-elle alors que sa voix se perdait dans un souffle.

    Elle était de dos au Père Dantes, appuyée contre ce mur qui paraissait la soutenir. Le coton blanc de sa chemise de nuit était parsemé de tâches de sang au niveau de son dos. Etait-il possible que le passé ne referme pas les cicatrices ? Cela en avait bien l’air.
    Elle fut à nouveau secouée par un frisson et se redressa lentement en ouvrant les paupières. Elle resta durant une bonne minute à fixer le mur, son corps totalement immobile et sa respiration coupée comme si le temps s’était arrêté. Et c’est alors qu’une grande inspiration brisa le silence environnant ; elle quitta son apnée, son corps s’affaissant à nouveau contre le mur dans un signe de fatigue.

    « Qu’est ce qu’il se passe ?! » Lâcha-t-elle en se tournant vers son hôte, perplexe.

    Lulla semblait avoir retrouvée raison mais elle ne se souvenait jamais de ce qu’elle vivait dans ses moments d’absence. Cela lui était arrivé cinq ou six fois depuis sa sortie du Couvent et son ancien époux avait toujours cru bon de lui flanquer une gifle pour la réveiller dans ces moments là.

    Elle replia instinctivement les bras contre son buste. Une femme n’avait pas à se montrer dans une telle tenue - surtout devant un homme de foi. Ses grands yeux émeraude étaient rivés sur le prêtre avec interrogation et crainte ; parce que oui, elle commençait à imaginer qu’elle avait faite une rechute.

    « Mon père… Je suis… » Commença-t-elle en balayant la salle du regard, se rendant compte de l’ampleur des dégâts. « Confuse… »

    Sa tête lui tourna soudainement, menaçant de la faire chuter à terre.
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Fausto Dantes
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Jeu 3 Déc - 19:46

A peine sa main s'était-elle approchée de la jeune femme, que celle-ci la repoussa dans un geste violent, il se redressa en même temps qu'elle. Fronçant les sourcils, tout en l'écoutant parler. Elle ne parlait plus sa langue, mais une autre, étrangère. Il n'eut qu'un instant de réflexion avant de reconnaître les intonations, de l'anglais. Une anglaise donc, il aurait du s'en douter avec un nom comme Black... commençait à se faire vieux le Dantes.

Mais... de quoi parlait-elle? Qui commettait des crimes au nom de la religion? Son côté inquisitorial se mit automatiquement sur on, car il menait des enquêtes pour le Vatican, contre tout ceux qui étaient hors des voies de l'église, mais il chassait aussi ceux, qui à l'intérieur même de cette Sainte Eglise, utilisait son nom pour commettre leurs atrocités. Une police externe autant qu'interne. Il n'était jamais bon d'avoir la Sainte Inquisition sur le dos, que l'on soit ecclésiaste ou pas.

Il tenta d'ouvrir la bouche pour la calmer, mais elle se retrouva face au mur et il resta quelque peu surpris de ce qu'il pouvait voir. Son regard s'était arrêté sur les taches de sang qui étaient bien visible sur le blanc de la chemise de son invitée.


- Qu'est-ce que... ?
L'homme jeta un regard inquiet à son confrère, qui semblait tout aussi surpris que lui.

Ce n'était assurément pas des stigmates du Christ, bien que pour des gens trop crédules, l'idée aurait pu faire son chemin. Non, à entendre les propos de Black, Faust' craignait qu'elle ait eu droit à un traitement de choc de la part de certaines personnes mal avisée et il s'approcha doucement d'elle.


- Calmez-vous jeune femme, vous êtes en sécurité entre nos murs. Fit-il dans un anglais tout à fait compréhensible, mais bien marqué par son accent italien. En homme cultivé, il savait parler quelques langues, les plus importantes de l'époque en fait, l'Anglais en faisait donc partie, il maîtrisait beaucoup plus le français et l'allemand, puisque ces deux pays étaient leurs voisins et l'espagnole n'avait pas de secret pour lui, après tout... un allié comme ce pays méritait que l'on sache parler sa langue.

L'homme de Foi, la vie alors perdre doucement l'équilibre, son corps ne semblait plus la porter et il crut bon de vouloir aller l'aider, mais elle se redressa avant qu'il ne puisse faire quelque chose et elle sembla alors sortit d'un cauchemar.


- Une crise de somnambulisme peut-être... donna-t-il pour toute réponse, alors qu'il ne manqua pas son malaise, vue la tenue qu'elle portait, face à deux prêtres. Fausto resta des plus neutres, comme s'il ne voyait pas cela, mais il est vrai que c'était... comment dire?

"- Bandant?"

Déstabilisateur! Voilà. Il n'y avait pas fait attention, il ne fallait pas qu'il y fasse attention, pas maintenant, ce n’était vraiment pas le moment! Merde, lui qui se croyait hors de portée pour cette fois-ci, il y avait cru bien trop rapidement. Qu'importe, il occulta cette présence et se concentra sur la jeune femme, qui s'excusait platement, avant de commencer à vaciller dangereusement.

Ni une, ni deux, l'exorciste avait rattrapé Lulla pour ne pas qu'elle s'écroule au sol et l'avait amenée lentement vers le fauteuil le plus proche. Posant un genou à terre, il jeta un regard au père Gabriel, qu'il aille chercher un peu d'aide et de quoi revigorée leur invitée.


- Ce n'est rien, ne vous inquiétez pas. Marquant une légère pause, il attrapa une couverture qui se trouvait sur le dossier pour la lui passer sur les épaules. Vous vous souvenez de quelque chose? Que c'est-il passé?

Il devait encore lui parler des marques, mais chaque chose en son temps, d'abord, elle devait reprendre ses esprits doucement.
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Jeu 3 Déc - 20:59


    La poigne rassurante de son interlocuteur qui la soutenait pour la diriger vers un fauteuil l’extirpa de son trouble momentané. Alors qu’elle était à moitié avachie, ses paupières se fermèrent un moment et un violent mal de tête lui fit serrer les dents. A l’entente de la voix familière du prêtre qui l’avait accueilli, la jeune femme ouvrit à nouveau les yeux et sa vue qui était auparavant troublée se fit de plus en plus nette. Le visage inquiet de Dantes était à quelques centimètres d’elle et il la couvrit – geste qui fut accueillie avec plaisir par l’anglaise. Sourcils froncés, Lulla semblait perdue dans ses pensées. Se souvenir. Que s’était-il passé ? Elle n’en savait rien. Secouant la tête par dépit, agitant ses mèches folles autour de son visage, elle agrippa brusquement le veston de son interlocuteur.

    « Je ne me rappelle de rien mon Père. Je suis navrée. Je n’aurais pas du venir ici… » Lui murmura-t-elle.

    Elle retira sa main, se rendant compte de son geste brutal, et elle s’appuya contre le dossier de la chaise, les lèvres entrouvertes laissant échapper un souffle court.

    Rappelle-toi Lulla… Etait-ce encore elle ?

    Après quelques secondes, la jeune femme grimaça et se pencha de nouveau en avant, abandonnant un pan de sa couverture pour passer sa main sur son dos. Elle jeta un regard surpris à ses doigts qui étaient tâchés de sang et elle laissa échapper un soupir tout en posant sa tête contre ses genoux. Pourquoi les blessures ne voulaient elles pas appartenir au passé révolu ? Blessures psychologiques et physiques qui ne la laissaient pas en paix. Fausto Dantes devait la prendre pour une folle – surtout ayant une telle réaction en ce lieu sacré. Elle ne serait pas étonnée de se faire arrosée d’eau bénite avec ce comportement de démente.

    « J’espère ne rien avoir dit d’offensant mon Père. » Ajouta-t-elle en passant une main dans ses cheveux. « Je n’ai juste… pas le sommeil tranquille. »

    Excuse pitoyable ! Tu viens de saccager sa maison en vociférant sûrement des choses horribles et en te mutilant et la seule chose que tu aies trouvé à dire c’est que tu n’as pas le sommeil tranquille ?!

    Elle voulait s’enfuir – courir et aller se réfugier dans une forêt, là où personne ne pourrait la voir dans un état pareil. Comment en était-elle arrivée là ? Soumise à sa crainte et à l’incontrôlable phobie de son passé. Elle releva son visage, ses yeux se plantant dans ceux de son interlocuteur.

    « Mon Père, vous avez sûrement bien d’autres soucis en plus de ceux que je viens de vous créer. » Lui déclara-t-elle en se redressant, laissant tomber là sa couverture pour ramasser les objets qui avaient volé dans la pièce. « Je vais tout remettre en ordre. Je vous prie de m’excuser, et je quitterais votre demeure. »

    Trouve ton trou Lulla, et reste y une bonne semaine après ce qu’il vient de se passer.


Dernière édition par Lulla Black le Sam 5 Déc - 12:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Ven 4 Déc - 22:16

Dantes sentait que la jeune anglaise se calmait peu à peu et reprenait ses esprits, elle semblait inquiète de ce qu'elle avait pu faire. Et le simple fait qu'il lui demande de se souvenir de ce qu'elle avait rêvé pour la mettre dans un état pareil, la fit devenir quelque peu violente avec lui. Car sans qu'il n'ait le temps de faire quoi que ce soit, elle l'avait légèrement attiré vers lui, après l'avoir alpagué par le col du haut de son habit.

- Calmez-vous, signora. Vous avez bien fait de venir ici, je suis là pour vous aider.

Il sentit la pression sur son habit se défaire tout aussi rapidement qu'elle était arrivée et son invitée se replia rapidement sur elle-même. Quelque chose n'allait définitivement pas avec elle. A croire qu'un démon la tourmentait, elle aussi.


- N'y touchez pas, quelqu'un va venir vous soigner.

Alors qu'elle passait ses doigts sur ses blessures, Fausto ne voyait absolument pas cela comme un signe de folie, il comprenait parfaitement qu'elle avait pu vivre des choses atroces qui l'avaient marquées. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Il lui fit un sourire rassurant, le plus rassurant possible même, pour lui montrer qu'il n'était définitivement pas son ennemie.

- Rien d'offensant n'est sorti de votre bouche. Bien que ce qu'elle avait pu dire, avait titillé un peu plus sa curiosité sur la vie de cette jeune femme. Je l'ai vu, j'aimerais pouvoir faire quelque chose pour vous, que votre sommeil soit à nouveau calme et réparateur.

L'Inquisiteur voulu lui répondre qu'elle n'avait absolument rien ajouté comme problème, mais elle ne lui en laissa pas le temps, puisqu'elle se releva d'un bond. Manquant de le shooter au passage. En équilibre précaire sur ses pieds, il dut se retenir avec une main sur le sol pour éviter de se retrouver assis par terre. Puis se releva lui aussi bien rapidement, alors que Black s'était lancée dans le rangement de la pièce qu'elle avait totalement retournée. Mais ce n'était pas important et le prêtre lui posa délicatement une main sur l'un de ses bras pour qu'elle s'arrête.

- Laissez cela, quelqu'un le fera demain matin. Ce ne sont que des dégâts matériels, il n'y a rien de grave là-dedans. Je préférais plutôt que vous m'expliquiez ce qui vous a mis dans cet état.

Tout en plantant son regard dans le sien, pour qu'elle s'arrête définitivement de faire ce qu'elle était en train de nettoyer. Comme il l'avait fait remarquer, ce n'était vraiment pas ce qu'il fallait faire à l'instant. Elle avait peur de quelque chose, et il souhaitait savoir quoi. Toujours dans l'optique de l'aider bien entendu.


- Vous pouvez me faire confiance, ma fille. Tout ça restera entre nous si vous le souhaitez. Mais je ne peux pas laisser une jeune femme tel que vous, blessée en plus de cela, sans en connaître les causes et laisser les coupables impunis. Vous avez parlé de meurtre au nom de l'Eglise, pourriez-vous m'en dire plus?

Ca risquait d'être douloureux pour cette personne de remonter dans ses souvenirs qui ne semblaient pas être des plus tendres, mais il fallait bien qu'elle y fasse face, surtout que notre ami n'avait pas l'air de vouloir laisser tomber l'affaire aussi facilement.
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Lulla Black



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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 5 Déc - 13:36



    Le père Dantes essayait de la rassurer mais la belle effrontée était tellement remontée face à elle-même qu’elle l’écoutait d’une oreille distraite. Est-ce qu’essayer de la raisonner servait à quelque chose ? Alors que la jeune femme ramassait bon nombre d’objets, et les posait sur la table qui était à deux pas d’elle, la main de son interlocuteur se fit ferme sur son bras et ses paroles encourageantes. Elle avait parlé de meurtres au nom de l’Eglise – sa mère supérieure était donc revenue la hanter…

    Elle resta immobile de dos au prêtre durant quelques secondes, les yeux fermés et les poings serrés. Il voulait savoir ce qu’il s’était passé – ce qui l’avait autant marqué. La question qu’elle se posait maintenant c’était ; était-elle prête à en parler ? Surtout à un homme de foi ? Elle se tourna vers Dantes et planta ses yeux dans les siens.

    « Je ne suis pas sûre que vous aimeriez savoir mon père. » Lui rétorqua-t-elle avec amertume. « C’est quelque chose contre quoi vous ne pouvez rien faire… »

    Car oui, ces foyers qui étaient destinés à aider les femmes œuvraient bien différemment et il ne fallait pas croire que personne n’était au courant – ils laissaient faire, tout simplement. Elle lâcha un soupir puis se décida à enfin prendre place autour de la table. Le père Dantes avait l’air bien téméraire et elle doutait qu’il lâche l’affaire. Il avait l’air d’être un homme bon, et il fallait qu’elle se force à en parler – après ce qu’il venait de se passer.

    « Monsieur Dantes. » Commença-elle en posant une main sur l’autre. « Avez-vous déjà entendu parler des couvents de la Madeleine ? Ils se trouvent en Grande-Bretagne donc ce serait compréhensible que vous n’en n’ayez pas eu vent. »

    La jeune femme resta silencieuse durant quelques secondes.

    Vas-y Lulla, racontes lui. Fais lui part du calvaire qu’ils font vivre aux femmes.

    « Ces couvents sont des lieux où ils mettent les femmes, qu’ils considèrent être comme une menace pour la religion. Des femmes qui avaient eu des relations sexuelles hors mariage, des femmes violées, et je vous en passe car je ne suis pas l’une d’elles et pourtant, l’on m’y a traîné. Vous voulez savoir ce que l’on m’a dit ? Que ma nature et mon caractère me prédestinaient au pire et que parce que des hommes posaient leurs yeux sur moi, je devais être enfermée dans un endroit pareil. J’avais dix huit ans à l’époque.»

    Lulla glissa son regard en direction de la table, crispa instinctivement ses doigts et secoua la tête, désemparée.

    « Mon père. C’était une prison. » Ajouta-t-elle alors d’une voix grave, ses yeux verts appuyant ses propos. « La plupart était comme moi et s’était faite traînée de force dans cet endroit. On travaillait dur sans recevoir aucune compensation financière, on était humiliée par celles qui nous supervisaient. Tout cela, sous le joug tyrannique de la mère supérieure qui se donnait un malin plaisir à nous châtier pour quelques mots, ou un simple regard. »

    A cette évocation, l’anglaise serra les dents et tapa fermement son poing contre la table.

    « Elles ont poussées au suicide beaucoup d’entre nous. Elles voulaient qu’on lave nos pêchés, mais elles ont poussé à commettre le bien pire de tous... » Murmura-t-elle finalement d’une voix qui s’évanouit peu à peu.

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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 5 Déc - 15:37

Le fait que le prêtre l'arrête dans son mouvement, lui permis au moins de reprendre toute l'attention de la jeune femme. Il se devait de la faire se calmer un minimum et ce n'était pas en rangeant le foutoir du salon que cela pourrait se faire. Quoique... certains trouvaient un certain calme à faire du ménage. Mais là n'était pas l'intérêt et il voulait qu'elle parle. Alors autant battre le fait pendant qu'il était encore chaud.

Lulla émit quelques doutes en ce qui concernait son appréciation de ce qu'elle allait lui dire ou pas. Qu'en savait-elle? Il voulait savoir, qu'importe ce qu'elle lui dirait, il était prêt à tout entendre. Ce n'était pas non plus comme s'il n'était pas au courant des horreurs dont était capable l'être humain.


- Qui sait, peut-être que j'ai plus d'influence que ce que vous pouvez penser. Tout en ayant toujours un ton des plus calmes. Ce n'était pas du tout une marque d'orgueil, non c'était pour lui donner un peu plus confiance pour qu'elle se confie à lui.

Certes, il n'évoluait pas non plus dans les sphères les plus hautes du Vatican, mais il pouvait toujours avoir le moyen d'approcher ceux qui avaient une certaine influence au sein du Saint Siège. Toujours un avantage de sa position d'Inquisiteur.

Dantes la regarda alors s'installée à la table et prit place à ses côtés, il venait de marquer un point, sentant parfaitement qu'elle allait s'ouvrir un peu plus à lui. Peut-être que cela pourrait aussi lui faire du bien à elle de parler un peu de ce qu'elle avait pu voir ou vivre, les marques dans son dos en étaient une preuve physique. Il faudrait d'ailleurs voir à s'en occuper rapidement.

"Monsieur"... voilà bien longtemps que l'on n'avait plus utilisé ce terme en l'appelant, ça ne manqua pas de lui paraître bizarre, mais il se concentra bien vite sur le récit que lui faisait l'anglaise. Les couvents de la Madelaine, il se peut qu'au court d'une conversation l'un de ses collègues ait nommé ce nom. Pourtant, vu le pays, il doutait que ces couvents soient catholiques.


- C'est possible, je ne m'en souviens guère.

Une ombre passa alors sur son visage aux explications de son invitée. Les couvents étaient à ses yeux des endroits où l'on apprenait les lois de la vertu aux jeunes femmes, ou se retiraient les épouses en deuil et ce genre de chose. Ca ne lui était jamais réellement venu à l'idée qu'ils pouvaient être employé comme des maisons de corrections. En tous les cas, pas comme venait de lui décrire si précisément la jeune femme. Il l'observait tout en fronçant les sourcils au fur et à mesure de son récit. Fausto comprenait parfaitement sa colère et son incompréhension. Lui-même était choqué d'entendre de tel propos.

L'homme lui posa alors doucement une main sur la sienne, pour l'apaiser un peu, alors qu'elle venait de se meurtrir le poing contre le bois solide de la table.


- Ces marques... sur votre dos, c'est elles qui vous les ont faites?

Marquant un petit temps de pause, il continua alors sur un ton toujours calme, même si une pointe de colère pouvait être perçue. Il ne supportait pas que l'on utilise le couvert de la religion pour s'adonner à des atrocités pareilles. Les gens étaient fait pour être sauvé, ces imbéciles croyaient-ils vraiment qu'en faisait souffrir ces pauvres femmes, ils pourraient en tirer quelque chose de bénéfique? Le sadisme du genre humain avait tendance à le faire vomir. Pourtant, le prêtre s'accrochait désespérément à trouver le bon en chacun, mettant sa propre aversion pour ses semblables de côté.

Son combat contre le mal était plus important que tout le reste.


- Je suis désolé de ce qu'il vous est arrivé, ma fille. Mais tout cela est loin maintenant, comment êtes-vous sortie?

Avait-elle fait amande honorable aux yeux de ses bourreaux? Ou avait-elle trouvé un moyen ingénieux de d'échapper?


"- Vu ses formes, je dirais qu'elle s'est trouvé le mec idéal."


Il ne pouvait pas le laisser en paix?
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 5 Déc - 16:13

    Le père Dantes avait écouté son discours et Lulla trouva un peu de réconfort auprès de lui. Il posa sa main sur la sienne et la jeune femme tâcha de se détendre un peu, cherchant dans ses yeux de quoi soulager sa colère. Il paraissait affecté par ses propos ; sûrement que son récit l’avait un peu indigné, lui qui prônait d’aider les gens. Il demanda alors si les marques de son dos avaient été faites de leur mains et Lulla acquiesça.

    « La mère supérieure n’y allait pas de main morte lorsqu’elle nous châtiait mon père. » Susurra-t-elle. « Finalement, vous finissez par vous habituer aux coups, le plus dur étant de voir la torture psychologique qu’elles infligeaient à chacune de nous. »

    Lulla passa sa main sur son visage – repassant comme un film dans sa tête les moments où elles les faisaient se mettre en rang, dévêtues, et qu’elles critiquaient le moindre bout de chair. Dantes lui demanda alors comment elle s’en était sortie et le visage de l’anglaise se fit plus dur.

    « Vous savez, la mère supérieure se remplissait les poches grâce à nous. Que ce soit grâce au travail que l’on fournissait, ou aux hommes qui venaient choisir leur future femme dans ce couvent contre une liasse de billets – son commerce était florissant. » Murmura-t-elle. « Les femmes qui avaient la chance de partir avaient été choisies ; vendues comme des esclaves pour être mariées. »

    Stroke… Quel homme arrogant et imbu de sa petite personne. Combien de fois avait-il levé la main sur elle ? Combien de fois avait-elle essuyé ses humiliations en se tenant droite et en enfermant son affect à double tour dans la profondeur de son inconscient ?

    « C’est dans l’année de mes vingt quatre ans qu’elle me présenta à Dorian Stroke, un lord qui était propriétaire d’un grand domaine. Enfin, elle ne me présenta pas. Elle me vendit. Vous parlez d’une délivrance – je quittais une prison en regagner une autre. Celle de l’union forcée avec quelqu’un qui vous traite de la même manière qu’elle ; qui vous écrase. Et malgré cela, l’on vous a toujours dit de garder un sourire poli, de ne pas ouvrir la bouche à part quand on vous le demande et on aime vous dire que vous n’êtes qu’une putain. » Ajouta-t-elle avec rancœur.

    Elle se redressa légèrement, son regard noir et le visage dénué d’expression plantés sur son interlocuteur.

    « Je me suis enfuie mon père. » Murmura-t-elle d’une voix étrangement grave. « Durant un an j’ai préparé ma fuite en vendant quelques biens personnels et j’ai quitté la Grande Bretagne pour venir ici. Je ne veux pas qu’il me retrouve. »

    Elle se mordit la lèvre inférieure, une certaine inquiétude ce lisant sur son faciès.

    « Pensez-vous que j’ai bien fait ? » Lui demanda-t-elle en posant sa main sur son bras.

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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 5 Déc - 17:31

Elle confirma ses soupçons sur les marques de son dos. Des coups de fouet donc, ou autre chose qui permettait de marquer profondément la peau. Ce qu'il trouvait étrange par contre, c'est que plus elle avançait dans ses explications, plus il comprenait que ces coups remontaient à quelques années maintenant et qu'ils saignaient comme si elle venait de les avoir... le choc avait du être rude, le souvenir plus que douloureux pour que les blessures anciennes s'ouvrent à nouveau. Sa crise avait été grave, il savait que certaines personnes étaient capables d'entrer dans des transes qui les faisaient revivre leurs pires moments de vie, quitte à ce que le corps lui-même se souvienne de ce qu'il avait subit.

L'homme d'Eglise fut profondément choqué et indigné de ce qu'il entendait, comment pouvait-on être aussi maléfique? De la part d'un démon, il n'était pas étonné, mais quand cela venait d'un homme ou d'une femme, pire encore, quand cela venait de quelqu'un qui devait être aux services des autres... même leur branche était corrompue, perfide. Il serra légèrement les dents pour contenir son énervement face à ses révélations.

- Pourriez-vous me donner le nom de cette mère supérieur, ma fille? Je ferais en sorte qu'elle ne puisse plus jamais exercer son autorité dans quelque couvent que ce soit, je vous en donne ma parole.

L'inquisiteur avait parlé, cette femme allait regretter ce qu'elle avait fait et amèrement, il s'en occuperait personnellement. Enfin, seulement si ce couvent était catholique, sinon, il tenterait par des moyens détournés de la faire tomber.

Sa vie n'avait franchement pas été facile et il comprenait parfaitement, sans qu'elle ne le dise, que l'homme à qui on l'avait mariée de force, n'avait pas du être des plus doux avec elle. Une brute sans merci, assurément.


"- Elle a besoin de douceur, tout ce que tu sais donner Faust'..."


Dantes souffla un coup, pour occulter encore et toujours les dire de ce damné démon et se concentrer sur son interlocutrice, qui lui avoue qu'elle avait filé en douce, à l'anglaise, pour quitter son mari et son pays, avant de lui demander son approbation, tout en posant sa main sur son bras. Qui le fit quelque peu frissonner. Il n'en montra rien et lui fit un petit sourire tout en hochant de la tête.


- Oui ma fille, vous avez bien fait. Et vous êtes en sécurité, ici, je vous le promets. Cet homme ne vous touchera plus.


Si quelqu'un venait la chercher jusqu'au fin fond de l'Italie, elle pouvait être assurée d'avoir un soutient en la personne de l'exorciste. Il ne paraissait pas comme cela, mais quand il avait décidé de protéger une âme, il le ferait jusqu'à la mort, si les choses devaient se dérouler ainsi.


"- Fausto Dantes, tu es un VRAI chevalier servant, de quoi la faire craquer comme il se doit. Aller on tente les paris? Va-t-elle t'embrasser avant la fin de votre échange? Ca serait drôle!"

- Mon confrère est allé vous chercher un thé et de quoi soigner vos plaies. Ca devrait vous apaisez un peu. Marquant un léger temps. Il vous arrive souvent de faire ce genre de crise?
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Sam 5 Déc - 18:36

    Lulla ne put s’empêcher de ressentir un certain soulagement lorsque l’homme de foi approuva sa décision – elle avait peur qu’on la prenne pour une folle ; pire, elle avait peur qu’on la prenne pour une menteuse. Elle expira longuement, ses épaules s’affaissant dans une posture plus détendue que précédemment. Il lui avait demandé le nom de la mère supérieure, mais elle l’ignorait. Son nom de bonne sœur était Agathe mais aucune information n’était divulguée sur l’identité des sœurs au couvent. Elle agita la tête en guise de négation.

    « Je suis désolée mon père, je ne sais pas quel est son vrai nom. Nous ne connaissons pas les identités propres de nos supérieures. Je sais seulement que son nom de nonne était Agathe. » Déclara-t-elle en fronçant les sourcils.

    Elle appréciait la réaction de son interlocuteur – il avait vraiment l’air de vouloir l’aider dans cette tâche et étant un homme du seigneur, il avait une certaine autorité qui s’avérait être utile dans ce genre de situation.

    « Je me rappelle où se situe ce couvent. Je me suis faite la promesse d’y retourner un jour et de mettre fin au calvaire des détenues. Les autorités n’auraient rien voulu entendre à ce sujet. Que vaut la parole d’une fille sortie de l’orphelinat et qu’on dit de mauvaise vie ? » Ajouta-t-elle, quelques mèches de cheveux lui barrant le visage.

    Il lui avait aussi demandé si cela lui arrivait souvent de faire ce genre de crises. La jeune femme afficha une moue dubitative et baissa les yeux.

    « Jamais d’aussi violente mon père. » Murmura-t-elle en regardant le foutoir autour d’elle. « Cela m’est arrivé cinq fois peut-être de me réveiller dans une autre pièce mais en général celui qui m’accueillait n’était pas aussi sympathique que vous. »

    Elle décrocha un sourire à Dantes et l’observa durant quelques secondes, silencieuse. Elle avait cru voir qu’il était… soucieux ? Quelque chose semblait le tourmenter, quelque chose d’autre que la discussion qu’ils avaient en ce moment.

    « Vous allez bien mon père ? Vous êtes un peu blême… » S’inquiéta-t-elle.

    Elle avait du mal à imaginer qu’elle venait de confier son passé – tout ce qu’elle n’avait jamais pu dire, à quelqu’un qu’elle venait à peine de rencontrer. Elle s’était confessée d’une certaine manière. Elle lui était extrêmement reconnaissante pour son oreille attentive et le soutien qu’il semblait lui accorder.

    « Cela m’ennuie vraiment d’avoir troublé votre nuit ainsi. Je pense que les crucifix du presbytère ont fait émerger en moi des souvenirs douloureux. » Ajouta-t-elle, guettant la moindre réaction de son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Dim 6 Déc - 12:18

Si pour son invitée, le fait de ne connaître que le nom de nonne de la Mère Supérieure n'était assurément pas assez pour lui mettre la main dessus, pour Fausto c'était déjà bien assez. Il n'y avait pas 36'000 couvents de ce nom en Angleterre qui avait pour tête une Mère Agathe. Donc... il trouverait, assurément. De plus, elle lui fit bien comprendre qu'elle savait encore où se trouvait cet établissement, il n'aurait donc presque aucun mal à mener son enquête comme il le fallait, pour faire arrêter toutes ces tortures au sein ces murs.

- Vous m'avez donné suffisamment d'information pour que je puisse tenter quelque chose, ma fille. Je vous en remercie. Il faut du courage pour oser vous confier ainsi à moi. Et si cela peu vous rassurer un peu plus, vous avez bien fait. Il ne faut pas laisser ce genre de crime impuni, qu'importe le statut social.


Car comme il l'avait pensé, ce n'était pas parce que toutes ces femmes étaient de pauvres filles qu'il fallait les traiter ainsi. Faust' était un vrai humaniste, malgré tout ce qu'il pouvait penser de l'être humain, il gardait au fond de lui l'espoir qu'ils pouvaient être sauvés. L'homme gardait, de ce fait, un sourire de circonstance et fit un petit mouvement de la tête à ses dires.

- Vous vous êtes adressée à la meilleure autorité qui soit.

Politique et religion n'avaient jamais fait bon ménage et il était évident que les autorités d'une ville n'auraient pas prit le risque de mettre leur nez dans les histoires d'un couvent, pour femme qui plus est, au risque de se ramasser les foudres des hauts placés du diocèse. Dantes, étant plus un électron libre, faisant parti d'une police interne à ce monde, avait plus de chance de réussir dans son entreprise, sans le savoir Lulla était tombée sur l'interlocuteur parfait pour lui raconter ses déboires.

Le sujet revint alors à ce qui préoccupait le plus notre homme de foi, les problèmes dirons-nous "psychologiques" de la jeune femme. Il avait peur que ce genre de crise soit un danger pour autrui et surtout pour elle-même en fait. Mais à l'entendre, elle n'en avait eu que très rarement et moins fortes que cette dernière, il haussa doucement les sourcils, tout en se passant un doigt sur les lèvres.


- Quelles-ont été la cause de ces crises... vous pouvez vous en souvenir?

Il n'était pas médecin, certes, il ne pourrait donc pas réellement l'aider à ce niveau en lui prescrivant quelques plantes à infuser afin de se calmer, mais si déjà, il pouvait tenter de calmer ces angoisses sans avoir recours à ce genre de potion, ça serait pas mal. Le mieux serait de pouvoir les prévenir, qu'elle puisse, d'elle-même, éviter d'en faire.

L'ecclésiaste fût surpris de la voir s'inquiéter pour lui, avait-il montré quelque chose qu'il n'aurait pas fallu? Son mal être était-il si perceptible? A l'entendre, il semblait avoir pâli, ce qui était fort possible d'ailleurs. Son corps ne pouvait s’empêcher de réagir en entendant la voix du démon, son pire cauchemar ne le quittait que rarement, mais à chaque fois, c’était un supplice de devoir l’endurer.


"- C'est mignon..."

- Mmm? Oui, oui, je vais bien. C'est simplement la fatigue et l'inquiétude mêlée. Ne vous en faite pas. Fit-il en réponse, tout en lui tapotant légèrement la main qui était toujours posée sur son bras.

"- Oh... c'est pas bien de mentir Faust..."

- Vous savez, je préfère que ma nuit soit troublée et pouvoir vous aider, plutôt que vous restiez seule avec votre problème.

Elle lui parla des crucifix, lui qui avait demandé ce qui pouvait déclencher ses états de transes, voilà qu'une réponse venait d'être faite en parti. Son regard se posa alors sur l'un des objets qui se trouvait au sol.

- Je vois. Nous enlèverons celui qui se trouve dans votre chambre pour la nuit alors. Autant ne pas tenter le diable à nouveau, non?
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Dim 6 Déc - 13:54

    Lulla se sentait proche du Père Dantes. Sûrement était-ce du au fait qu’étant à l’écoute des gens, ils acquéraient ce charisme de l’homme protecteur. Enfin de compte, elle n’avait jamais connu cela ; peut-être était-ce pour ça qu’elle éprouvait cette sensation bizarre. Allait-il l’aider dans son entreprise de détruire le couvent de la Madeleine ? Il avait l’air décidé et l’anglaise espérait que ce n’était pas des paroles en l’air. Même si elle n’avait jamais offerte sa confiance aussi facilement à un individu, elle était persuadée que l’homme à qui elle venait de se confier ferait tout ce qui était en son pouvoir pour l’aider.

    Il lui assura qu’il allait bien et que ce n’était qu’un petit coup de fatigue et qu’il préférait sacrifier son sommeil à l’aide qu’il pouvait lui apporter. Lulla lui adressa un sourire reconnaissant et sa main revint se placer face à elle.

    « Je ne sais comment vous remerciez mon père, vraiment… » Déclara-t-elle.

    Il lui avait dit qu’il en enlèverait le crucifix qui était accroché dans sa chambre ; délicate attention de la part d’un homme de foi. Elle espérait seulement que ce soit suffisant pour que son malaise se dissipe.

    « J’espère vraiment que cela n’arrivera plus. » Ajouta-t-elle.

    Silencieuse, Lulla observait le faciès de son interlocuteur, comme si d’un simple regard, elle pouvait en apprendre plus sur lui. Elle se rendit assez vite compte qu’elle ne savait rien de lui – mais serait ce bien vu de poser des questions à un prêtre ?

    Alors qu’elle s’apprêter à ouvrir la bouche pour lui poser une question, le confrère de Dantes pénétra dans le salon, plateau de thé et trousse de secours à la main.

    Lulla n’avait pas eu l’occasion de le rencontrer, et quelque peu gênée par les circonstances actuelles, la jeune femme se leva de son siège.

    « Mon père. » Commença-t-elle en le saluant d’un petit geste de tête. « Veuillez m’excuser pour le dérangement… J'ose espérer ne pas vous avoir fait peur tout à l'heure...»

    Non, ils t'ont juste pris pour une possédée petite Lulla...
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MessageSujet: Re: Un lit pour la nuit [Lulla]   Dim 6 Déc - 17:55

Faust' restait attentif aux différentes réactions de la jeune femme, prêt à parer à toute crise qui pourrait survenir sans qu'ils s'y attendent, mais elle semblait calmée cette fois-ci, il n'y avait donc pas énormément de risque qu'elle rechute instantanément. Il fit un petit mouvement de la main, balayant de l'air avec celle-ci, tandis qu'elle le remerciait. Après tout, il n’avait fait que son travail, voilà tout.

Bien sûr, les remerciements faisaient toujours plaisir à entendre, mais elle n’avait pas besoin de lui donner sa reconnaissance éternelle. Ce n’était pas une obligation et il le lui fit bien vite comprendre.


- En me disant que vous vous sentez mieux, je n'ai rien besoin de plus, ma fille. Si vous avez besoin, je suis prêt à vous aider pour que cela n'arrive plus. Mais il est possible que ce soit un travail qui demande du temps. Il faudra penser toutes les cicatrices et c'est bien celle de l'esprit les plus difficiles à guérir.

Mais en bon homme de foi, il avait la patience pour y arriver. Surtout si son interlocutrice était prête à y mettre du sien. Et Dantes se doutait qu'elle ne supportait que peu ces crises de "folie" passagères. Elle serait donc prête à y faire face.

L'homme se sentit quelque peu mal à l'aise, quand il sentit son regard appuyé sur sa personne. Elle semblait vouloir le déchiffrer, lire en lui ce qu'elle ne pouvait savoir et il n'aimait pas réellement ça. Enfin qui aimait se faire dévisager aussi? Mais lui encore plus, quand il s'agissait d'une femme face à lui. Heureusement, son confrère débarqua bien vite avec tout le matériel qu'il lui avait demandé et cassa ainsi ce moment.

Le Père Gabriel remarqua bien vite que leur invitée semblait beaucoup plus calme. Décidément, son confrère faisait des miracles! Il semblait peu sympathique à première vue comme ça, mais sa bonté arrivait à faire tout le reste. Et comme son confrère, le plus vieux des deux fit un petit signe pour montrer que ce n'était rien.


- J'ai plus eu peur pour vous, mon enfant, que pour ma propre vie, si c'est cela que vous craignez. Asseyez-vous.

Il ne fallait pas qu'elle se fatigue trop vite, les paroles de Gabriel tirèrent un petit sourire à Dantes, il appréciait le vieil homme, pour sa bonté d'âme et se leva bien rapidement de sa chaise, pour l'aider à se débarrasser de ce qu'il portait.

Le prêtre de la paroisse déposa une tasse d'eau chaude et ses herbes devant Lulla, tandis que l'inquisiteur attrapait le kit de soin qu'il lui avait donné. Il s'arrêta pourtant dans son mouvement, réfléchissant à comment il allait pouvoir soigner la jeune femme, alors qu'il devait lui demander de relever son haut pour pouvoir avoir accès à son dos.

Quelqu'un riait pas loin, toujours lui, qui s’amusait totalement de la situation. Le contraire aurait été étonnant de toutes les façons et notre exorciste eut une moue embêtée. Son collègue le remarqua bien vite, ayant comprit que cet homme avait quelques problèmes de conscience à ce niveau et décida de prendre les choses en main. Lui n’avait plus ce genre de considération depuis longtemps, vu son âge quelque peu avancé. La chaire n’était plus un problème en soit.


- Nous permettriez-vous de voir vos blessures, ma fille?
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